Un hangar qui prenait l’eau sans qu’on voie la fuite
Ce chantier de réfection de couverture en bac acier à Salies-du-Salat a occupé trois journées de mi-septembre, sur un bâtiment d’activité d’environ deux cents mètres carrés, porté par une charpente métallique. Le propriétaire ne décrivait pas une fuite mais un phénomène plus déroutant : des flaques au sol par temps sec, et du matériel stocké contre le mur du fond qui rouillait sans explication.
Fuite ou condensation, la question se tranche en bas
Les deux se ressemblent au sol et ne se ressemblent pas du tout en toiture. Une fuite laisse une trace orientée : une coulure sur une panne, une auréole rousse autour d’une vis, une goutte qui tombe toujours du même point. La condensation, elle, mouille tout un versant de manière uniforme, par en dessous, et le matin de préférence.
Ici, les deux coexistaient. Une partie des fixations avait perdu sa rondelle d’étanchéité, et le métal autour des perçages était piqué. Et la sous-face, elle, ruisselait au petit matin sur toute la largeur du bâtiment, parce que rien ne séparait la tôle froide de l’air chargé d’humidité qui stagnait à l’intérieur.
Ce que valait la charpente métallique
Avant de parler couverture, nous avons regardé ce qui la portait. Les fermes et les pannes, peintes en rouge et contrôlées une à une, étaient en bon état : quelques points de corrosion de surface aux assemblages, rien de structurel. L’entraxe des pannes correspondait à ce que supporte un bac de forte nervure, ce qui a permis de conserver l’ossature telle quelle.
C’est le grand intérêt du bac acier sur ce type de bâtiment. Il franchit plusieurs mètres sans appui intermédiaire, se visse sur un support existant et ne demande pas de reprendre la charpente, ce qu’une couverture en petits éléments aurait imposé. Nous détaillons ces cas sur notre page pose de toiture.
Le sens de pose compte autant que le produit
Un bac acier se pose en commençant par le côté opposé aux vents dominants, pour que le recouvrement longitudinal ne soit jamais présenté face au vent. Sur ce bâtiment, l’autan remonte la vallée et balaie le versant dans un sens bien identifié : nous avons démarré de l’autre extrémité, et contrôlé l’alignement de la première nervure au cordeau, parce qu’un bac posé de travers entraîne tous les suivants et se rattrape très mal en fin de versant.
Les fixations se posent en sommet d’onde avec une vis à rondelle d’étanchéité, serrée jusqu’au contact et pas au-delà : une rondelle écrasée ne tient pas plus longtemps qu’une rondelle absente. C’est la raison pour laquelle on retrouve, dix ans plus tard, un versant entier dont toutes les vis fuient en même temps.
La gouttière était le vrai point noir
La gouttière pendante d’origine, en acier, était percée sur presque toute sa longueur et tenait sur des crochets forgés eux-mêmes rongés. Elle a été déposée et remplacée, crochets compris, avec une pente redonnée vers la descente existante. Refaire une couverture sans reprendre l’évacuation revient à renvoyer toute l’eau neuve dans un ouvrage qui ne la conduit plus : la reprise de l’évacuation fait partie du chantier, pas d’une option. Ce poste relève de la zinguerie.
Fibre-ciment : la question à poser avant de monter
Les volumes voisins de ce bâtiment sont couverts et bardés en plaques ondulées de fibre-ciment, un matériau omniprésent sur les hangars du secteur et qui, selon sa date de fabrication, peut contenir de l’amiante. Il n’y a aucun moyen de le déterminer à l’œil : seule une analyse permet de trancher, et les règles encadrant ces travaux sont strictes, comme le rappelle l’INRS.
Si votre bâtiment est dans ce cas, ne commencez pas par démonter. Faites établir le repérage, puis faites intervenir une entreprise formée à ces travaux. Nous traitons ce sujet sur nos pages toiture en amiante et désamiantage de toiture.
Trois jours, bâtiment en service
Un hangar en activité ne se vide pas pour la durée d’un chantier. Nous avons donc travaillé par bandes : une portion de versant ouverte le matin, refermée le soir, l’aplomb intérieur étant balisé au sol pendant toute la journée. Cette façon de procéder allonge un peu le chantier mais évite de bâcher une grande surface, ce qui n’a jamais bien tenu sur une toiture de cette pente et de cette longueur.
Les chutes de tôle et les anciennes fixations ont été descendues au fur et à mesure dans une benne placée au pignon, hors de la zone de circulation. Le dernier jour a été consacré à la gouttière, au faîtage et aux rives, c’est-à-dire aux ouvrages qui se voient le moins et qui décident pourtant de la tenue de l’ensemble.
Ce qu’il faut surveiller ensuite
Un bac acier bien posé demande peu de chose, mais ce peu doit être fait. Une fois par an, regardez les têtes de vis depuis le sol avec des jumelles : une rondelle qui dépasse ou une coulure rousse sous une vis signale un début de fuite. Vérifiez aussi que la gouttière reçoit bien l’eau sur toute sa longueur pendant une averse, et non à un seul endroit. Enfin, méfiez-vous des mousses sur un versant peu ensoleillé : elles retiennent l’humidité contre le revêtement et accélèrent la corrosion aux recouvrements.
Nous intervenons sur ce type de bâtiment à Salies-du-Salat et dans toute la vallée, avec un déplacement et un relevé gratuits.










