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Noue en zinc refaite sur une toiture en tuile canal à Salies-du-Salat

Deux lignes d’eau, un seul chantier

Ce chantier de réfection de noue et de reprise de solin de souche à Salies-du-Salat s’est déroulé sur deux journées de juillet, sur une maison de bourg couverte en tuile canal. L’appel ne parlait ni de noue ni de souche. Le propriétaire décrivait une auréole au plafond d’une chambre, apparue après un orage, qui revenait à chaque pluie poussée par le vent et séchait entre deux épisodes. Il soupçonnait une tuile cassée et nous demandait de « monter en remettre une ».

Ce que la trace au plafond disait vraiment

Une tuile cassée donne une tache nette, qui grandit à chaque pluie et finit par goutter au même endroit. Ici, la trace était large, diffuse, et elle n’apparaissait que lorsque la pluie venait d’un côté précis. Ce comportement oriente presque toujours vers un ouvrage de raccord plutôt que vers un élément de couverture : une noue, un solin, une rive, un abergement de souche. Ce sont les points où deux surfaces se rencontrent, et où l’eau ne circule pas simplement de haut en bas.

Le relevé a confirmé les deux : la noue qui réunit le corps principal et l’aile en retour était en fin de vie, et la souche de cheminée, maçonnée puis crépie, ne recevait pour tout raccord qu’un bourrelet de mortier appliqué directement contre les tuiles.

Pourquoi la noue avait lâché avant le reste

Une noue concentre l’eau de deux versants dans un seul chenal. Sur une maison de cette taille, cela représente plusieurs dizaines de mètres carrés de toiture qui se vident par une bande de trente centimètres de large. Le débit y est sans commune mesure avec celui d’un versant courant, et tout ce qui descend du toit finit par s’y arrêter : aiguilles, feuilles, graviers de mortier, mousses détachées.

Le zinc, lui, travaille. Il se dilate en journée, se rétracte la nuit, et ce mouvement s’additionne sur toute la longueur de la bande. Une noue posée d’un seul tenant, sans ce qu’il faut pour absorber ce jeu, finit par fatiguer à ses points de fixation. C’est exactement ce que nous avons trouvé : le métal n’était pas percé, il était déformé, et l’eau passait par-dessous au lieu de descendre dedans. L’Agence Qualité Construction classe d’ailleurs la couverture en petits éléments en tête des désordres observés sur les maisons individuelles, et les raccords y pèsent lourd.

Le façonnage se fait sur place

Une noue de récupération achetée au mètre ne s’adapte jamais vraiment : l’angle entre deux versants varie d’une maison à l’autre, parfois d’un bout à l’autre du même toit quand la charpente a bougé. Nous relevons donc l’angle réel au point haut et au point bas, puis nous plions les éléments sur le chantier, l’un après l’autre, en les présentant à blanc avant de les fixer.

Les tuiles canal sont déposées de part et d’autre, triées, et celles qui sonnent clair sont remises en place. Les autres partent au rebut. Sur ce chantier, le ratio était bon : la tuile de cette maison est épaisse, et la plupart des éléments avaient encore de belles années devant eux.

La souche : des noquets, pas du mortier

Le bourrelet de mortier que l’on trouve si souvent au pied des souches est une solution rapide qui ne tient pas. Le mortier est rigide, la souche bouge avec les variations de température, et la liaison finit par se fissurer sur toute sa longueur. L’eau s’y engouffre alors sans jamais être vue d’en bas, puisque la fissure est cachée par le rang de tuiles qui vient s’appuyer dessus.

Nous avons remplacé ce bourrelet par un ensemble de pièces de zinc façonnées une à une : une bavette au pied, des éléments latéraux engagés sous les tuiles rang par rang, et une partie haute qui renvoie l’eau sur les côtés. L’ensemble n’est pas scellé dans le crépi mais engagé dans une saignée, ce qui laisse à chaque pièce la liberté de bouger sans entraîner sa voisine. Ce travail relève de la zinguerie autant que de la couverture, et c’est le même principe que nous appliquons lors d’une reprise de solin de cheminée.

Ce que nous n’avons pas touché

La charpente, vérifiée par le dessous, était saine : pas de trace noire aux abouts, pas de bois tendre sous la pointe du tournevis. Le reste de la couverture n’a pas été déposé. Sur une maison de ce type, reprendre les deux raccords suffit, et l’argent économisé sur une réfection complète est mieux employé à surveiller le toit les années suivantes.

Ce que vous pouvez regarder vous-même

Trois signes doivent vous faire appeler un couvreur avant que la trace n’apparaisse au plafond. Du mortier qui tombe au pied d’un mur ou dans une gouttière : quelque chose se descelle en hauteur. Une tache qui n’apparaît que par vent d’une direction donnée : c’est un raccord, pas une tuile. Enfin, une noue dont le fond n’est plus brillant mais mat et terne sur une portion seulement : le métal y a travaillé plus qu’ailleurs. Dans les trois cas, une montée sur le toit règle la question en une heure, et nous ne facturons pas ce déplacement sur Salies-du-Salat et les communes voisines.

Vous trouverez le détail de cette prestation sur notre page dédiée à la réfection de noue.

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