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Faîtage scellé au mortier éclaté sur une toiture en tuile canal à Colomiers

Une toiture qu’on trie avant de la refaire

Ce chantier de reprise d’une toiture en tuile canal à Colomiers s’est étalé du 4 au 11 juillet 2023, sur une grande maison de quartier pavillonnaire aux versants longs et peu pentus. La demande de départ était simple : « le toit a cinquante ans, est-ce qu’il faut tout changer ? ». La réponse, après être montés, a été non — à condition de reprendre les lignes et de trier les tuiles une par une.

Ce que la toiture disait avant qu’on y monte

Vue de la rue, elle paraissait homogène : une grande surface de tuile canal patinée, piquetée de lichen jaune. Vu de près, le tableau était plus contrasté. Le courant de tuiles était en bon état sur la quasi-totalité de la surface. En revanche, toutes les lignes — faîtage, arêtiers, rives — étaient maçonnées, et ce mortier-là était parti en morceaux. Sur la photo prise avant travaux, la fissure court d’un bout à l’autre du faîtage et le remplissage s’émiette entre les tuiles de couronnement.

Quelques tuiles étaient fendues sur toute leur longueur, souvent celles qui avaient reçu un pas de trop lors d’une ancienne intervention. D’autres, bien plus nombreuses, étaient simplement chargées de lichen. Ce sont deux cas très différents, et ils n’appellent pas la même décision.

Pourquoi on ne jette pas une tuile canal couverte de lichen

Le lichen est un marqueur d’âge, pas un diagnostic. Une tuile canal ancienne, cuite longuement, est souvent plus dense que bien des tuiles récentes : elle peut porter du lichen pendant trente ans sans que son épaisseur soit entamée. Ce qui condamne une tuile, c’est la fissure traversante, l’éclat en bout de recouvrement, et la porosité — une tuile qui boit devient lourde, gèle de l’intérieur en hiver et se délite.

Nous avons donc déposé, trié, puis recouché. Les tuiles saines sont revenues sur le toit, celles qui ne l’étaient pas ont été remplacées par un lot de récupération de teinte proche. Sur une tuile canal, ce choix a un effet visuel immédiat : un versant entièrement neuf trancherait avec le reste de la rue, alors qu’un versant repris garde sa patine. C’est aussi, très concrètement, beaucoup moins de matière envoyée à la benne.

Les lignes ouvertes jusqu’aux voliges

Le faîtage et les arêtiers ont été dégagés jusqu’au support. Les photos prises à ce stade montrent les voliges à nu sur toute la longueur de la ligne : c’est le seul moment où l’on sait vraiment dans quel état se trouve le bois sous une couverture. Ici, il était sec et sain, l’eau étant passée sans séjourner.

Les rives ont demandé le même traitement. Sur une maison de cette taille, elles totalisent davantage de mètres linéaires que le faîtage lui-même, et ce sont elles qui encaissent la pluie poussée de travers.

Faîtières et arêtiers reposés sans mortier

Les lignes ont été refermées à sec. Un support continu reçoit les tuiles de couronnement, un closoir assure l’étanchéité latérale tout en laissant l’air sortir, et chaque tuile est fixée mécaniquement. Sur une toiture de cette surface, le gain ne se mesure pas seulement en étanchéité : une ligne posée à sec se démonte tuile par tuile le jour où il faudra y revenir, là où une ligne maçonnée se recasse entièrement.

Le vent d’autan, l’invité qu’on oublie

Sur des versants à faible pente comme ceux-ci, la pluie ne tombe pas toujours à la verticale. Quand le vent d’autan s’installe, il pousse l’eau à contre-sens, vers le haut du recouvrement, et la fait remonter sous les tuiles de couronnement. Une ligne maçonnée tient tant que son mortier est continu ; dès qu’il est fissuré, chaque épisode venteux devient une petite infiltration. C’est pour cela que les désordres se déclarent rarement sous une averse d’été, mais presque toujours après deux ou trois jours de vent soutenu.

C’est aussi ce qui explique l’ordre dans lequel nous avons travaillé : les lignes d’abord, le courant ensuite. Reprendre des tuiles sans refermer correctement le faîtage reviendrait à changer les fenêtres d’une maison dont la porte reste ouverte.

Huit jours sur place, et ce qui a changé ensuite

Le chantier a occupé huit journées réparties sur une semaine et demie, en avançant versant par versant pour ne jamais laisser la maison ouverte d’un soir à l’autre. À la fin, la toiture n’a pas l’air neuve, et c’était l’objectif : elle a l’air entretenue. Les lignes sont droites, les tuiles de couronnement alignées, et la couverture respire à nouveau du bas vers le haut.

Si votre toiture ressemble à celle-là

Regardez d’abord les lignes, pas la surface. Une toiture dont le faîtage s’émiette mais dont le courant tient n’est pas une toiture à refaire : c’est une toiture à reprendre, ce qui est un chantier d’une tout autre ampleur. Et si vous hésitez sur l’aspect final — teinte, alignement, cohérence avec les maisons voisines — sachez que le conseil d’architecture de la Haute-Garonne reçoit gratuitement les particuliers sur rendez-vous.

Ce chantier relève de notre activité de rénovation de toiture et de rénovation de faîtage. La page couvreur à Colomiers rassemble l’ensemble de nos chantiers columérins.

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