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Remplacement de liteaux : le support que l’on ne voit qu’une fois les tuiles déposées

Entre la charpente et les tuiles, il y a une grille de tasseaux horizontaux : les liteaux. Chaque tuile y prend appui par son ergot. Tant qu’ils restent sains, personne n’y pense. En revanche, dès qu’ils cèdent, les tuiles glissent et les rangs se creusent en vagues visibles depuis la rue. Autrement dit, la couverture perd son alignement bien avant de fuir.

Ce vieillissement suit presque toujours la même carte. Les liteaux du bas de pente souffrent les premiers, car l’eau y circule en plus grande quantité. Viennent ensuite ceux du pourtour des souches et des fenêtres de toit, où le bois reste humide plus longtemps. En revanche, le haut de pente se conserve souvent très bien. Nous sondons donc chaque zone séparément, plutôt que de raisonner par versant entier.

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Rouleau d'écran de sous-toiture posé contre un chevron
Poutre de charpente remplacée au-dessus d'une ouverture

À quoi sert un liteau, et pourquoi il casse

Le liteau est une simple section de bois résineux. On le cloue perpendiculairement aux chevrons, à intervalle régulier. Cet intervalle porte un nom : le pureau. Il dépend du modèle de tuile et de la pente. Or quelques millimètres d’écart, répétés sur trente rangs, décalent visiblement la dernière ligne.

Un liteau casse rarement de vieillesse. En pratique, trois causes dominent. D’abord l’humidité chronique, là où une tuile manque ou là où l’eau ruisselle depuis un solin défectueux. Le bois gonfle, le clou travaille, puis la section se fend dans le fil. Ensuite la cause mécanique : quelqu’un a marché entre deux chevrons au lieu de marcher sur l’appui.

La troisième cause, c’est l’insecte. En effet, capricornes et vrillettes s’attaquent volontiers à l’aubier des résineux non traités. Or cet aubier abonde dans les litonnages posés avant 1980. On reconnaît un liteau vermoulu à ses trous de sortie et à la vermoulure qui tombe quand on le frappe. Le sujet rejoint alors le traitement de charpente.

Les signes qui se voient sans monter sur le toit

Le plus parlant est l’ondulation des rangs. Regardez la toiture de trois quarts, en lumière rasante de fin de journée. Une ligne de tuiles qui plonge sur un mètre puis remonte trahit un liteau rompu, ou un chevron affaissé dessous.

Le deuxième signe, c’est la tuile isolée qui redescend. Vous la remettez en place, et elle glisse à nouveau quelques semaines plus tard. En fait, la tuile n’est pas en cause. Son ergot n’a plus d’appui, parce que le liteau est cassé ou parce que le clou a lâché.

Le troisième se lit depuis les combles, par temps clair. Des points de jour réguliers, alignés horizontalement, signalent un rang décalé. Autrement dit, le pureau ne fait plus son recouvrement. Ce contrôle depuis l’intérieur reste d’ailleurs la meilleure façon de repérer une zone humide avant qu’elle ne traverse le plafond.

Liteaux, contre-lattes, voliges : trois pièces différentes

Les devis confondent souvent les trois. Pourtant, elles ne jouent pas le même rôle et ne se remplacent pas dans les mêmes conditions.

Le liteau

C’est le tasseau horizontal sur lequel la tuile prend appui. C’est aussi la pièce que l’on remplace le plus souvent. De plus, son espacement conditionne directement l’alignement de la couverture. Nous le posons en sapin traité classe 2 au minimum, purgé d’aubier.

La contre-latte

C’est le tasseau vertical, cloué dans l’axe du chevron. Il surélève les liteaux et crée ainsi la lame d’air sous les tuiles. En revanche, il n’existe que sur les toitures équipées d’un écran sous-toiture. Sans lui, l’écran colle à la sous-face des tuiles et ne draine plus.

La volige

C’est une planche jointive, qui forme un plancher continu sous la couverture. On la trouve sur les toits en ardoise, en zinc et sous certaines tuiles plates. On ne la répare pas par point. En effet, il faut remplacer les planches atteintes en filant sur les appuis sains, sinon un ressaut apparaît.

Comment nous procédons sur un litonnage à reprendre

Nous déposons les tuiles par bandes horizontales, de haut en bas. Nous les rangeons sur le toit, ou nous les descendons selon la place disponible. Au passage, un tri s’impose. Les tuiles saines repartiront ; les gélives attendent de côté et nous les remplaçons. Nous détaillons ce point sur notre page remplacement de tuiles.

Nous sondons ensuite le litonnage, chevron par chevron. Un liteau se juge au son et à la flexion, pas à l’œil. Nous le chargeons donc à la main en travée, pour voir s’il fléchit anormalement. Tout ce qui paraît douteux part. Sur une couverture ancienne, nous en remplaçons couramment la moitié et nous conservons le reste.

Nous posons alors les liteaux neufs au pureau relevé sur l’existant, et jamais au pureau théorique du fabricant. En effet, une couverture ancienne a son propre rythme. Vouloir la remettre à la cote catalogue fait apparaître un décalage au faîtage. Nous traçons donc au cordeau, sur toute la longueur du pan.

Enfin, nous fixons par pointes annelées ou par vis, avec deux points par appui, sur chaque chevron sans exception. Nous aboutons les liteaux en quinconce. Surtout, nous ne plaçons jamais deux raccords consécutifs sur le même chevron. C’est ainsi que l’on évite la ligne de faiblesse où la couverture finit par se creuser.

Tuiles canal posées sur un muret de pierre en attente de pose à La Salvetat-Saint-Gilles

Reprise ponctuelle ou réfection du pan : comment nous tranchons

Parfois, une zone limitée est seule en cause : un mètre carré sous une ancienne fuite, ou l’angle sous une souche de cheminée. La reprise ponctuelle se justifie alors, et nous la pratiquons. En revanche, elle suppose que le reste du litonnage soit sain. Nous le vérifions donc avant de nous engager, pas après.

Dès que plus du tiers des liteaux d’un pan sonne creux, la reprise ponctuelle devient un mauvais calcul. En effet, il faudra redéposer les mêmes tuiles deux ou trois fois en quelques années, et chaque dépose casse sa part de tuiles. Refaire le pan en une fois coûte donc moins cher au total. De plus, cela laisse une couverture homogène.

Le litonnage est aussi l’occasion naturelle de poser un écran sous-toiture, puisque les tuiles sont déjà déposées. Nous le proposons donc systématiquement, sans l’imposer. À ce moment précis du chantier, le surcoût reste faible. Plus tard, il faudrait rouvrir, et la facture change d’échelle.

Pourquoi le pureau décide de tout

Le pureau, c’est la partie visible de la tuile, celle que le rang supérieur ne recouvre pas. On le règle par l’écartement des liteaux. C’est surtout le seul paramètre du litonnage que l’on ne peut plus corriger une fois la couverture reposée.

Trop grand, il réduit le recouvrement. La couverture consomme alors moins de tuiles, ce qui séduit sur un devis. En revanche, l’eau remonte sous la tuile dès que le vent souffle, et le pan devient perméable par pluie oblique. Trop petit, il alourdit le mètre carré et fait apparaître un rang supplémentaire à rattraper en haut de pente.

Chaque modèle de tuile admet une plage de pureau, plus étroite qu’on ne le croit. De plus, cette plage se resserre encore quand la pente est faible. Or les pentes douces sont fréquentes ici. Nous travaillons donc volontairement en bas de plage, avec un recouvrement généreux, quitte à poser quelques tuiles de plus.

C’est aussi pour cela que nous relevons le pureau existant avant toute dépose, à plusieurs endroits du pan. En effet, une couverture ancienne a souvent été posée avec de légères variations d’un versant à l’autre. Les reproduire évite donc de se retrouver avec un rang bâtard à raccorder sous la faîtière.

Des chantiers où le support a été repris

Quatre chantiers photographiés sur place, tuiles déposées et litonnage à nu.

Retrouvez l’ensemble de nos interventions dans nos réalisations de couverture et de façade.

Questions fréquentes sur le remplacement de liteaux

Peut-on changer un liteau sans déposer les tuiles ?

Non. En effet, le liteau se trouve sous les tuiles, et chaque tuile du rang repose dessus. Il faut donc déposer au minimum les deux rangs concernés, et souvent davantage pour travailler proprement. Toute méthode qui prétend s’en passer abîme la couverture.

Quelle section de bois utilisez-vous ?

Le plus souvent du 27 par 40 millimètres, en sapin traité. Nous montons en section quand l’écartement des chevrons dépasse les valeurs courantes. De plus, nous purgeons l’aubier, car c’est la partie tendre du bois où les insectes s’installent en premier.

Faut-il traiter les liteaux neufs ?

Ils arrivent traités en autoclave classe 2, ce qui suffit sous une couverture ventilée. En revanche, toute coupe faite sur le chantier met le bois brut à nu. Nous retraitons donc les coupes au produit de recoupe. C’est un geste rapide, que beaucoup omettent.

Combien de temps dure l’intervention ?

Un pan de trente à quarante mètres carrés se refait en une à deux journées, dépose et repose comprises, s’il n’y a pas de reprise de charpente. Nous organisons d’ailleurs le chantier par pans complets. Ainsi, nous ne laissons jamais une surface ouverte la nuit.

Mes tuiles seront-elles réutilisées ?

Oui, dans leur grande majorité. Sur une couverture bien entretenue, nous conservons couramment quatre-vingts à quatre-vingt-dix pour cent des tuiles. En effet, les pertes viennent surtout des tuiles déjà fêlées. La dépose les révèle, mais elle ne les provoque pas.

Et si la charpente est atteinte dessous ?

Nous le voyons dès que le litonnage est retiré, et nous vous le montrons avant d’aller plus loin. Une reprise d’about de chevron ou de panne reste un travail distinct. Nous le chiffrons donc à part, plutôt que de l’absorber discrètement dans le poste liteaux.

Liteaux neufs posés pour recevoir la gouttière à Toulouse

Où nous intervenons pour ce type de travaux

Nous refaisons des litonnages sur toute la Haute-Garonne, surtout lors de réfections de pans ou de couvertures complètes. Les chantiers se répartissent entre Saint-Lys, Fonsorbes et le sud toulousain. En effet, beaucoup de maisons des années 1960 et 1970 y gardent leur litonnage d’origine.

La visite est gratuite. Elle sert autant à évaluer l’état du support qu’à vous dire s’il peut attendre. Par exemple, un liteau isolé rompu se traite ponctuellement et ne justifie aucune réfection. Enfin, les communes desservies figurent sur notre page zone d’intervention.

Un chantier de liteaunage demande de la place au sol. Nous déposons les tuiles par rangs, puis nous les stockons sur le toit ou sur l’échafaudage. Par conséquent, nous préparons l’accès et la zone de tri avant de démarrer. C’est un point que nous réglons ensemble lors de la visite, car il conditionne la durée réelle du chantier.

Des rangs de tuiles qui ondulent, ou une tuile qui redescend toujours au même endroit ? Appelez le 06 07 08 29 38 (fixe 05 62 12 03 79). Le déplacement et le devis sont gratuits. Voir aussi notre page pose de toiture.

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