Solin de cheminée : l’étanchéité au point le plus exposé du toit
La plupart des fuites que nous traitons autour d’une souche de cheminée ne viennent pas de la tuile. Elles viennent du raccord entre la maçonnerie et la couverture : le solin. Sur les toitures de la région toulousaine, ce raccord est presque toujours réalisé au mortier, et le mortier finit par se fendre.


Pourquoi un solin finit par lâcher
La souche et la charpente ne travaillent pas au même rythme. La brique se dilate à la chaleur, le bois joue avec l’humidité, et le mortier, lui, ne se déforme pas : il casse.
L’eau s’engouffre alors derrière l’enduit. Elle descend ensuite le long du conduit et ressort à l’intérieur, souvent à un mètre du point d’entrée réel. C’est pourquoi une fuite de solin se cherche rarement là où la tache apparaît.
Le vent d’autan accentue encore le phénomène. Il pousse la pluie à l’horizontale contre la face sud-est de la souche, précisément là où le solin est le plus sollicité.
Trois techniques, et celle que nous posons
Le solin au mortier. Le plus répandu, et le moins durable. Le mortier adhère à la brique mais ne suit pas ses mouvements. Comptez dix à quinze ans avant les premières fissures, moins sur une souche exposée.
La bande porte-solin. Une pièce métallique se scelle dans une saignée pratiquée dans la maçonnerie, puis vient recouvrir le solin. Elle protège le joint de la pluie directe et prolonge nettement sa tenue.
Le solin en zinc à engravure. Le zinc est engagé dans une entaille du mur, puis redescend en bavette sous la couverture. L’eau ne rencontre plus aucun joint : elle glisse sur le métal et repart dans la tuile.
Nous posons la troisième chaque fois que la souche le permet. Elle coûte davantage à la pose, mais elle ne se refait pas tous les dix ans, et c’est la seule qui tienne réellement face au vent d’autan.


Solin ou abergement : deux pièces, deux rôles
Les deux mots circulent ensemble et beaucoup de devis les confondent. Le solin ferme la jonction entre la maçonnerie et la couverture, sur les côtés de la souche. L’abergement désigne l’habillage complet du conduit : le solin, mais aussi la bavette basse qui renvoie l’eau dans les tuiles et le larmier haut qui la répartit de part et d’autre.
La distinction n’est pas théorique. On reprend un solin seul sur une souche étroite. Dès que le conduit dépasse 80 cm de large côté amont, il retient la pluie et la neige : sans larmier, l’eau s’accumule derrière et finit par passer, même avec un solin neuf. C’est alors l’abergement entier qu’il faut traiter.
Sur les maisons anciennes de la région, cet habillage était réalisé en plomb. Souple, il épouse la brique et dure très longtemps. Quand il est sain, nous le conservons plutôt que de tout remplacer par du zinc.
Ce qui se voit depuis les combles avant que ça traverse
Une fuite de solin se repère à l’intérieur bien avant d’atteindre le plafond. Montez dans les combles par temps sec, avec une lampe, et regardez le bois autour du conduit.
Trois signes reviennent : des liteaux noircis sur quelques centimètres, un chevron marqué d’une auréole sombre, une odeur de terre humide près de la souche.
Ils précèdent la tache visible de plusieurs mois. À ce stade, la reprise reste simple et se règle dans la journée.
Une fois l’eau apparue en dessous, le support a déjà travaillé et le chantier change de nature : il ne s’agit plus seulement d’étanchéité, mais aussi de charpente.
Comment se déroule une reprise de solin
Nous montons d’abord constater. Un solin fissuré se voit, mais l’état de la souche en dessous décide de la méthode : brique saine, joints creusés, ou maçonnerie à reprendre avant toute étanchéité.
Nous dégageons ensuite les tuiles autour du conduit, puis nous retirons l’ancien solin jusqu’au support sain.
Vient alors l’entaille dans la maçonnerie, la pose du zinc et sa bavette, et le rabattage des tuiles par-dessus.
Nous sondons systématiquement le bois avant de reposer les tuiles. Un liteau qui s’enfonce sous la pointe du couteau se remplace : le laisser en place condamne le travail à recommencer dans trois ans.
Une reprise se règle en général dans la journée. Si la souche est elle-même dégradée, nous la reprenons avant, et nous vous le disons au devis, pas en cours de chantier.
Et si ce n’était pas le solin ?
Un solin neuf sur une couverture fatiguée ne règle rien. Avant de conclure, nous contrôlons les trois rangs de tuiles qui bordent la souche.
Ce sont eux qui encaissent le plus : l’abergement concentre le ruissellement et le renvoie dessus à chaque pluie. Une tuile fendue à cet endroit donne exactement la même tache au plafond qu’un solin défaillant.
Nous vérifions aussi le recouvrement. Sur une tuile canal ou romane, un rang qui a glissé de deux centimètres suffit à laisser passer l’eau poussée par le vent. Dans ce cas il s’agit d’un remplacement de tuiles ponctuel, pas d’une reprise d’étanchéité — et le devis n’a rien à voir.

Le solin, un point singulier parmi d’autres
En couverture, on appelle point singulier tout endroit où la continuité des tuiles est interrompue. La souche de cheminée en est un, mais elle est rarement seule sur un toit.
Les noues, les rives, les sorties de ventilation, les châssis de toit et les raccords de véranda obéissent à la même règle : partout où deux matériaux se rencontrent, il faut une pièce métallique qui conduit l’eau, pas un joint qui prétend la bloquer.
C’est pourquoi une visite pour un solin se termine presque toujours par un tour complet des points singuliers. Il serait absurde de refaire l’étanchéité d’une souche et de laisser une noue ouverte à trois mètres.
Nous traitons l’ensemble de ces raccords dans notre page zinguerie.
Reprendre le solin seul, ou profiter du chantier ?
La question se pose dès qu’il faut monter un échafaudage : son coût est le même pour une intervention d’une demi-journée que pour la réfection d’un versant entier.
Si la couverture a plus de trente ans et que les tuiles se délitent, reprendre le solin seul revient à payer deux fois l’accès en trois ans. Mieux vaut alors traiter le versant d’un coup.
À l’inverse, sur une toiture saine, la reprise ponctuelle est le bon choix et nous vous le dirons. Nous ne vendons pas un versant quand un solin suffit — c’est aussi pour cela que le diagnostic précède toujours le chiffrage.

Les souches de la région toulousaine
Trois particularités reviennent ici et changent la façon de traiter un solin.
La brique foraine. Tendre et poreuse, elle absorbe l’eau puis la restitue lentement. Un enduit ciment étanche posé dessus emprisonne cette humidité : le solin tient, mais la souche se délite derrière, par feuilletage. Sur ces briques nous travaillons au mortier de chaux, plus tendre que le support.
Les souches hautes. Les maisons de ville toulousaines portent des conduits qui dépassent largement le faîtage, pour tirer au-dessus des toits voisins. Plus la souche est haute, plus elle travaille au vent, et plus le solin subit.
Le vent d’autan, enfin, qui souffle ici plusieurs dizaines de jours par an et pousse la pluie à l’horizontale.
Nous intervenons sur les souches de Toulouse, Colomiers, Cugnaux et de l’ensemble de notre zone d’intervention.
Ce qui fait varier le chiffrage
Quatre éléments pèsent sur une reprise de solin, et aucun n’est le prix du zinc.
L’accès. Une souche en milieu de pan, sur un toit à forte pente, impose un échafaudage ou une nacelle, là où une souche en pignon se traite depuis une échelle de toit.
L’état de la maçonnerie. Une souche saine se travaille directement. Une brique qui s’effrite au doigt demande un rejointoiement préalable, parfois la reprise des deux derniers rangs.
Le linéaire. Un solin sur trois côtés ne représente pas le même travail que sur un seul, et une souche adossée à un mur se traite différemment d’une souche isolée au milieu du versant.
L’état des supports. Il ne se découvre qu’une fois les tuiles déposées. C’est précisément pour cela que nous montons constater avant de chiffrer, et que le devis arrive après la visite, jamais au téléphone.
Le déplacement et le devis sont gratuits sur la Haute-Garonne.
Nos interventions sur souche de cheminée en photos
Trois chantiers photographiés sur place, en fin d’intervention.
L’ensemble de nos interventions est visible dans nos réalisations de couverture et de façade.
Questions fréquentes sur les solins de cheminée
Peut-on refaire un solin sans toucher à la toiture ?
Non, et c’est là que beaucoup de reprises échouent. Le solin passe sous la couverture : il faut dégager les tuiles autour du conduit pour engager la bavette dessous. Un solin simplement rebouché en surface tient une saison.
Ma cheminée ne sert plus, faut-il quand même reprendre le solin ?
Oui. Une souche hors service reste une ouverture dans la toiture, et son solin fuit de la même façon. Si le conduit ne sert plus du tout, nous pouvons aussi proposer sa dépose et la reprise complète de la couverture à cet endroit.
Combien de temps tient un solin en zinc ?
Le zinc posé en engravure tient plusieurs décennies, bien au-delà du mortier. Ce qui vieillit en premier n’est pas le métal mais la maçonnerie de la souche, qu’un contrôle tous les cinq ans suffit à surveiller.
Faut-il une autorisation pour refaire un solin ?
Non. Une reprise à l’identique relève de l’entretien courant et ne demande aucune formalité. Une déclaration préalable ne devient nécessaire que si l’aspect extérieur change, par exemple si vous modifiez la souche elle-même.
Peut-on intervenir en hiver ?
Oui, dès que la journée est sèche. Le zinc se travaille toute l’année. Seul le mortier impose d’attendre : il ne prend pas correctement en dessous de 5 °C, ce qui est une raison de plus de préférer l’engravure.
Mon ramoneur peut-il s’en charger ?
Ce sont deux métiers. Le ramoneur traite l’intérieur du conduit, le couvreur l’étanchéité extérieure et la couverture autour. Un bon ramoneur vous signalera un solin fissuré, mais la reprise relève de la couverture.
Une trace au plafond près de la cheminée ? Appelez le 06 07 08 29 38 (fixe 05 62 12 03 79). Déplacement et devis gratuits sur la Haute-Garonne. Voir aussi notre page recherche de fuite de toiture.



